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CAC 40 et DAX 40, des indices largement déconnectés des économies française et allemande

il y a 17 jours
Les indices représentatifs des fleurons des deux plus grandes économies de la zone euro restent extrêmement concentrés et comme tels, sont très influencés par l'évolution de quelques poids lourds. LVMH en tête pour le CAC 40, avec plus de 11 % de l'indice. SAP, Linde et Siemens pour le DAX.

Comme le CAC 40, l'indice emblématique de la cote allemande, le DAX compte désormais 40 membres. Les étendards des places parisienne et francfortoise auront des capitalisations plus comparables. Les nouveaux arrivants ajoutent environ 350 milliards d'euros à la capitalisation du DAX 30 (1.400 milliards), par rapport à une valorisation boursière totale de 2.200 milliards d'euros pour le CAC 40.

Ils présentent d'autres points communs. D'abord, ce sont des indices locaux, très concentrés, davantage utilisés par les investisseurs individuels que par les professionnels. « 30 ou 40 valeurs, cela ne fait pas vraiment de différence. Les investisseurs internationaux préfèrent souvent des références beaucoup plus larges comme le MSCI Europe ou le STOXX 600 », remarque Alexandre Hezez, responsable de l'investissement chez Richelieu Gestion.

Les géants de la cote influencent fortement leur évolution. LVMH en tête pour le CAC 40, avec plus de 11 % de l'indice et 320 milliards d'euros de capitalisation. Et les champions SAP, Linde et Siemens pour le DAX. Dans sa nouvelle version, on estime qu'ils devraient respectivement peser 9, 8 et 7 % de l'indice.

Le français « protégé des chocs inflationnistes »

Autre similitude, composés de géants mondiaux, nés sur le territoire national où ils ont en général (mais pas toujours) leur siège social, ils ne reflètent aucunement la santé de leur économie nationale. « Le DAX 40 n'est pas une façon d'investir dans l'économie purement domestique et le CAC 40 encore moins. Pour cela, il vaut mieux cibler les indices small et midcaps », indique Antoine Lesné, responsable de la recherche et de la stratégie chez SPDR ETF. 78 % du chiffre d'affaires des sociétés du CAC 40 serait réalisé à l'international, selon EY.

La ressemblance s'arrête là. Les deux indices ne réagissent pas de la même façon aux fluctuations de l'économie mondiale. « Les géants de la cote allemande, en particulier les valeurs industrielles, sont plus dépendants de la croissance mondiale, et en particulier de la Chine et de l'évolution des matières premières », affirme Randeep Somel, gérant actions monde chez M & G Investments. A l'inverse, selon lui, « le CAC 40 semble davantage protégé des chocs inflationnistes avec la présence de marques très fortes, notamment dans le luxe ».

En cause : des compositions sectorielles très différentes. Les valeurs liées aux produits de consommation dits « discrétionnaires » (luxe avec LVMH, Hermès, Kering ; automobile avec Stellantis, Renault, Michelin) et à la consommation courante (L'Oréal, Danone) sont prépondérantes dans l'indice parisien. Ils en représentent respectivement 25 et 12 %. En Allemagne, Henkel est quasiment seul sur les biens de consommation (1,2 % de l'indice) et l'automobile (Volkswagen, BMW, Daimler) constitue l'essentiel de la consommation discrétionnaire (17 %). L'arrivée de valeurs emblématiques de la réussite allemande comme Zalando, Porsche ou HelloFresh devrait toutefois donner un peu plus de force à ces secteurs.

Contrairement à l'idée reçue, l'industrie est mieux représentée dans le CAC que dans le DAX. Airbus (qui fait désormais partie des deux indices), Alstom, Saint Gobain, Safran, Legrand Schneider Electric… Les valeurs industrielles représentent 22 % du CAC 40 contre 15 % seulement du DAX 30 (essentiellement Siemens).

Sous-performance

En revanche, c'est l'Allemagne qui domine en termes de technologie. Elle y représente 14 % de l'indice francfortois contre 7 % pour l'indice parisien. « ST Microeletronics, Worldline et Dassault Systèmes sont des pépites mais ne pèsent pas très lourd en Bourse par rapport à SAP », souligne Antoine Lesné. La chimie (Linde, BASF) y est également davantage représentée que dans le CAC 40.

« L'arrivée des dix nouvelles valeurs devrait créer davantage de valeur pour l'actionnaire », estime Alexandre Hezez. Moins cher que son cousin français (valorisé 19 fois les bénéfices contre près de 24 fois pour le CAC 40), le DAX était à la traîne des autres indices européens ces derniers temps. Son rendement total depuis le début de l'année ressort à 23 %, contre plus de 35 % pour le CAC dividendes réinvestis.

Bourse : le DAX allemand intègre dix nouvelles valeurs

© Les Echos 2021

AUTHOR : SOPHIE ROLLAND

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