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Le CAC 40 retrouve son plus haut niveau depuis 2000

il y a 3 mois

La Bourse de Paris s'est envolée de près de 17 % depuis le début de l'année pour monter à des niveaux inédits depuis plus de 20 ans. Le CAC 40 dispose d'atouts considérables pour tirer profit de la reprise économique mondiale.

6.500 points. Pour la première fois depuis septembre 2000, et seulement la seconde fois de son histoire, le CAC 40 a franchi ce seuil symbolique en séance mardi, porté par la reprise économique mondiale. L'indice phare de la Bourse de Paris a toutefois terminé la journée légèrement en dessous de ce seuil, à 6.489 points. En quelques mois, le CAC 40 a effacé les traces de la crise du Covid pour retrouver ses plus hauts niveaux historiques. Depuis le début de l'année, il s'est envolé de près de 17 %, l'une des meilleures performances des grandes Bourses mondiales.

Qui aurait parié sur une telle issue il y a à peine un an ? L'Europe sortait alors tout juste de son premier confinement. Les multinationales du CAC accumulaient les pertes : à la fin juin, elles n'avaient généré aucun profit, avec une activité en chute de 20 %. Mais après la panique boursière causée par cette pandémie inédite, le calme est rapidement revenu sur les marchés, rassurés par l'intervention rapide et massive des banques centrales.

Au fil des mois, les perspectives économiques se sont éclaircies en dépit des nouvelles vagues épidémiques. Des plans de relance massifs ont été mis en place, pour la première fois y compris au niveau européen. Ce dernier a été formellement validé par les 27 pays de l'Union la semaine dernière.

C'est finalement l'arrivée de vaccins efficaces, six mois à peine après les premiers confinements, qui a permis à la Bourse de Paris de repartir de plus belle. L'avancée rapide des campagnes de vaccination ces dernières semaines a complété le tableau, faisant grimper la Bourse de Paris à ses plus hauts niveaux : le climat des affaires en France a dépassé en mai son niveau d'avant-crise.

Entre-temps, le CAC 40 a rebondi de plus de 70 % depuis son point bas atteint le 18 mars 2020. Il s'inscrit même en hausse de plus de 6 % par rapport à son pic d'avant-crise à 6.111 points le 19 février. Une hausse loin d'être uniforme. Sur la période, près d'un tiers du CAC a perdu du terrain. Durement frappé par la crise, le spécialiste de l'immobilier commercial et de bureaux Unibail-Westfield-Rodamco demeure ainsi en chute de plus de 40 %.

Autre victime de la crise, l'aéronautique : Airbus (-17 %), Safran (-15 %) ou encore Thalès (-12 %) accusent encore le coup. La perspective d'une réouverture des frontières et de reprise de l'aviation commerciale leur a toutefois permis de reprendre de la vigueur ces derniers jours.

Parmi les gagnants de la crise, le luxe a tiré son épingle du jeu. Hermès et LVMH ont progressé d'environ 60 %, L'Oréal de plus de 35 % et Kering de plus de 25 % depuis février 2020. A eux quatre, ils ont contribué pour plus de 500 points à la hausse du CAC 40, faisant plus que compenser l'ensemble des baisses. La capitalisation de LVMH a flambé, passant de 220 milliards en février 2020 à plus de 330 milliards d'euros, ce qui en fait la plus grosse société cotée en Europe.

Les géants du luxe ont spécialement bien résisté à la pandémie. Très exposés à l'Asie, ils ont bénéficié de la reprise rapide de la consommation en Chine, qui a été la première grande économie à tenir l'épidémie sous contrôle. Ils ont également embrassé la distribution digitale, leur permettant d'atténuer l'impact des fermetures de boutiques.

Après ces gains faramineux, le CAC peut-il espérer dépasser son record historique ? Le 4 septembre 2000, alors que la bulle Internet était en train d'éclater, il avait atteint 6.922 points. Il lui faudrait encore grimper de plus de 6 % pour retrouver ce sommet. Rien n'est impossible, mais ces quelques points de pourcentage risquent d'être plus difficiles à conquérir alors que le rebond de l'inflation fait craindre le pire à certains professionnels des marchés.

« Les marchés actions ont des valorisations élevées et les attentes des analystes restent fortes, car ils anticipent une belle croissance économique ces deux prochaines années », explique Christian Parisot chez Aurel BGC. « Il y a donc peu de place pour une progression importante des indices boursiers »,ajoute-t-il. « Il faudrait un choc extérieur majeur pour faire dérailler les marchés »

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