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Présidentielle américaine : un scrutin à hauts risques s'ouvre outre-Atlantique

il y a 14 jours

Le vote anticipé pour la présidentielle du 3 novembre démarre déjà dans quelques Etats. Les deux camps se préparent à des contentieux et le FBI redoute des violences.

La course est lancée, et nul ne sait vraiment à quelle date le vainqueur sera déclaré. Dans le Vermont, à l'est du pays, comme dans le Minnesota au nord, et dans une poignée d'autres Etats - New Jersey, Michigan… -, des électeurs peuvent, à partir de cette semaine, commencer à envoyer leur bulletin de vote par la poste ou le déposer dans une urne. En Caroline du Nord, les électeurs peuvent même envoyer leur bulletin de vote reçu par courrier depuis le début du mois. L'élection présidentielle a beau se tenir le 3 novembre, la plupart des Etats américains autorisent, parfois sous condition, le vote par anticipation, et pour certains jusqu'à 45 jours avant la date officielle.

Cette élection, assure Donald Trump, qui y joue un second mandat face au démocrate, Joe Biden, est « la plus importante de l'histoire américaine ». Elle est en tout cas l'une des plus tendues, et la crainte d'une élection sans vainqueur clair le soir du 3 novembre s'est renforcée ces dernières semaines avec le développement du vote par correspondance, déjà pratiqué par certains Etats mais popularisé auprès d'autres par la pandémie.

Jeudi, la Cour suprême de Pennsylvanie a donné raison aux démocrates pour prendre en compte les bulletins reçus jusqu'à trois jours après la clôture du scrutin. D'autres Etats autorisent la prise en compte des bulletins jusqu'à une semaine après la fin du vote, tant que le cachet de la poste fait foi.

Or le mode électoral américain en fait un sujet particulièrement sensible : en 2016, Donald Trump a remporté les vingt grands électeurs de Pennsylvanie par moins de 50.000 voix, soit 0,7 %, sur sa rivale, Hillary Clinton, conformément à la règle du « winner takes it all » (« le gagnant remporte tout »). Avec 270 voix de grands électeurs à collecter pour être élu président des Etats-Unis, le décompte de tous les bulletins valides peut donc rapidement faire basculer une élection.

Election « truquée »

A la peine dans les sondages, Donald Trump attise depuis des mois les divisions en brandissant la menace d'une élection « truquée ». Il a commencé par combattre le vote par correspondance généralisé (non sollicité), qu'il accuse de nourrir des fraudes. « Des gens du grand Etat de Caroline du Nord ont reçu deux bulletins de vote. Election truquée en vue », a-t-il encore tweeté jeudi.

Le président met en doute publiquement la probité des autorités organisatrices de l'élection, imaginant que des Etats démocrates n'enverraient pas de bulletins dans certains quartiers républicains. Il a aussi conseillé aux électeurs votant par correspondance de se rendre malgré tout dans un bureau de vote pour vérifier que leur vote a bien été pris en compte.

A l'instar du scrutin de 2000, qui avait vu le vote en Floride contesté devant la Cour suprême et retardée la déclaration du vainqueur, le risque s'accroît d'actions judiciaires multiples qui pourraient paralyser les résultats pendant des semaines. Des procédures ont d'ailleurs déjà été lancées.

Le climat social délétère qui règne dans le pays pourrait être attisé par une soirée électorale sans résultat clair le 3 novembre. Le directeur du FBI, Christopher Wray, a ainsi dit, jeudi, redouter des explosions de violence, lors d'une audition au Congrès. Des milices d'extrême droite se sont déjà battues à plusieurs reprises avec les manifestants contre le racisme et les violences policières ces dernières semaines. Et les partisans de Donald Trump multiplient les « parades » de soutien à leur candidat, tantôt pacifiques sur les bateaux, mais parfois plus agressives.

En laissant planer le doute, en juillet sur la chaîne télévisée Fox News, pour savoir s'il accepterait une éventuelle défaite, Donald Trump a creusé un peu plus les divisions. Certains, dans la presse, en sont à s'interroger sur qui, de l'armée ou du Secret Service, aurait la légitimité d'aller déloger le président s'il perdait et refusait le verdict.

Author : Veronique Le Billon

Orginal article : 2020-09-21

©Les Echos 2020

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