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L'investissement dans les cleantechs a encore tutoyé les sommets en 2020

il y a 4 mois
La crise du Covid-19 n'a pas eu prise sur l'investissement dans les start-up consacrées à l'environnement. Avec 1,2 milliard d'euros pour 94 entreprises, 2020 constitue la deuxième année record de financement en dix ans.

C'est un secteur sur lequel la crise du Covid n'aura pas eu le moindre effet de désenchantement. Au contraire. L'investissement dans les cleantechs s'est rarement aussi bien comporté qu'en 2020. La barre du milliard d'euros - très exactement 1,194 milliard - a été franchie pour la troisième fois depuis dix ans, selon le bilan livré par France Invest et EY, en partenariat avec GreenUnivers, que « Les Echos » publient en exclusivité. Passée la période de sidération qui a suivi l'irruption de la pandémie et le déclenchement du premier confinement, en mars dernier, les investisseurs se sont ressaisis. « Le secteur s'est très vite adapté et s'est montré très ouvert à l'innovation. Cette crise a été stimulante », explique Sophie Paturle, présidente de la commission climat de France Invest.

La transition énergétique, le champ de prédilection des cleantechs, va bénéficier d'un sérieux effet accélérateur avec le plan de relance de l'économie (100 milliards d'euros, dont plus de 30 milliards de dépenses vertes) déployé par le gouvernement pour répondre à la crise. Ce contexte n'est pas étranger au fait qu'en 2020, quelque 96 opérations de financement ont été réalisées par les professionnels du capital-investissement dans les cleantechs françaises. Un chiffre jamais atteint en dix ans, sauf une fois en 2019.

Un secteur à maturité

A tout seigneur, tout honneur. Les énergies renouvelables, traditionnellement le premier secteur d'investissement, confirment leur leadership avec 314 millions d'euros levés. A lui seul, Amarenco, producteur d'énergie photovoltaïque, a « raflé » 163 millions d'euros sur deux opérations. Un tel montant traduit le degré de maturité d'un secteur où le coût du kWh défie celui des énergies conventionnelles. Une situation propice à un changement d'échelle des capacités de production et à la mobilisation de capitaux de plus en plus importants.

Le même constat vaut pour les activités de stockage de l'énergie, qui ont drainé 214 millions d'euros de capital-investissement, répartis sur 8 opérations. A lui seul, McPhy, spécialisé dans le matériel de distribution et de production d'hydrogène, a levé 180 millions d'euros, dont 135 millions apportés par EDF et Technip. De quoi passer à la vitesse supérieure pour cette société qui projette la construction d'une megafactory pour fabriquer des électrocatalyseurs.

Une économie circulaire très stimulante

A l'ombre de ces entreprises pionnières de la transition énergétique poussent de nouvelles start-up porteuses d'innovation. Cime Capital, près de Lyon, a levé l'an dernier plus de 6 millions, pour développer des solutions d'autoconsommation solaire individuelle et collective. Les investisseurs ont misé 4 millions d'euros sur ZE Energy et l'accompagnent dans le développement de centrales solaires intelligentes, aptes à stocker l'énergie produite le jour. BeFC (Bioenzymatic Fuel Cells) a levé 3 millions pour développer une nouvelle source de stockage de l'électricité à base de papier recyclé et d'enzymes. Une innovation qui lui met un pied dans l'économie circulaire, secteur très fécond où pas moins de 171 millions d'euros ont été investis en 2020.

BackMarket, spécialisé dans la collecte et le reconditionnement de téléphones portables, y fait figure de poids lourd. Et pour cause, il a levé 110 millions d'euros l'an dernier. Mais les nouvelles start-up continuent de fleurir, notamment Lactips qui produit des bioplastiques à partir de protéines de lait (13 millions d'euros levés l'an dernier) et Spareka qui s'est positionné sur le marché de l'auto-réparation (5 millions levés). Avec celui de l'efficacité énergétique (167 millions d'euros répartis sur 16 levées de fonds), un dernier secteur a été en accélération en 2020, celui des agtechs, qui regroupe les innovations liées à l'agriculture et à l'alimentaire. La start-up Too good To go, créée en 2015, n'y a vraiment pas raté son entrée et vient de lever 25 millions d'euros pour implanter aux Etats-Unis son application anti-gaspillage alimentaire, basée sur la récupération des invendus.


Author : JOEL COSSARDEAUX

© Les Echos 2021

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